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Techniques de construction


Les techniques de construction sont édictées sous forme de normes, de documents techniques unifiés (D.T.U.), d’avis techniques par des organismes compétents et sérieux tels que l’AFNOR et le C.S.T.B.
Au delà de ces règles très complexes qu’il ne nous est pas possible d’aborder dans ce guide, LABELS et CERTIFICATS apportent un plus vers la qualité. Sachez les reconnaître quand vous les rencontrez sur les projets des descriptifs du promoteur ou du constructeur.



Les certificats de qualification : un gage de qualité
La qualité de votre logement ancien ou neuf dépend du degré de confort qu’il vous offre ceci, grâce à nos techniques de construction. Ce confort peut se mesurer en termes de bien-être et d’économies réalisées sur les consommations d’énergie. Et dans ce domaine, qui n’a pas entendu parler du “label” ou d’un “plus” susceptible soit d’améliorer la qualité de votre logement, soit de vous aider à fixer votre choix de résidence dans les meilleures conditions. Dans ce but, la loi du 10 janvier 1978 sur l’information des consommateurs a créé des certificats de qualification délivrés par des organismes et associations agréés.
Son article 22 précise : «Constitue un certificat de qualification, quelle que soit la dénomination qui lui a été donnée, toute inscription, tout signe distinctif, tout document ou tout titre joint tendant à attester, à des fins commerciales, qu’un produit industriel… présente certaines carac-téristiques spécifiques ayant fait l’objet d’un contrôle par un organisme distinct du fabricant, de l’importateur ou du vendeur. Tout certificat de qualification ne peut être délivré que par un organisme certificateur agréé par l’autorité administrative et selon un règlement technique approuvé par elle.»

Que définit le règlement technique ?
• Le mode de gestion du certificat et notamment les conditions dans lesquelles producteurs et utilisateurs sont associés à la gestion.
• Les spécifications techniques auxquelles devront satisfaire les produits.
• Les critères d’expression de la qualité qui figurent sur le certificat.
• Les méthodes d’essais utilisées pour les contrôles.
• Les modalités du contrôle continu des produits de série bénéficiant du certificat.
Alors que la certification est une procédure rigoureuse et fiable, véritable preuve d’une qualité reconnue, on constate que dans la construction elle n’est pas suffisamment prise en compte par les partenaires dans leur décision de choix des produits.
Ces certificats de qualification peuvent prendre la forme de labels attribués à des produits ou des composants comme le bois des menuiseries, le vitrage des fenêtres, les serrures, l’installation électrique, voire la construction toute entière comme la marque NF Maison Individuelle.
En complément des certificats de qualification, certains matériaux bénéficient de classements qui aident à choisir les matériaux et produits adaptés à un usage futur. C’est le cas du classement UPEC des revêtements du sol ou AEV pour les fenêtres.
La performance par le produit certifié
La certification est, pour les acheteurs, le moyen de mieux choisir le produit qui les satisfera, donnant une garantie que ce produit a les performances déclarées par le fabricant et a été fabriqué dans les meilleures conditions.
Habitat Mode d’Emploi vous présente une sélection de produits “labellisés” afin de vous permettre de choisir les produits les mieux adaptés à l’usage que vous voulez en faire, en teant compte des techniques de construction.


La marque NF garantit la conformité aux normes
Parmi les quelques 350 familles de produits couvertes par une marque NF, environ 90 concernent des composants du bâtiment.
Cela va des parpaings aux radiateurs, en passant par les fenêtres ou encore les abattants de WC. La marque NF atteste la conformité d’un produit à une ou plusieurs normes françaises ou européennes, qu’elles soient obligatoires, comme les normes de sécurité électrique, ou facultatives. Les caractéristiques certifiées par une marque NF sont variées. Elles peuvent porter sur les dimensions d’un produit, ce qui garantit la compatibilité de leur utilisation (par exemple, les parpaings), ou sur leurs performances.
Ainsi, la robinetterie sanitaire NF est classée parmi d’autres critères, selon ses performances hydrauliques, acoustiques et de résistance à l’usure, et est notée de 1 à 3 (ou 4).


Méthodes et contrôles
Toutes les marques NF sont attribuées sous la responsabilité de l’Afnor, qui charge éventuellement un autre organisme d’effectuer pour son compte les contrôles et le suivi de la marque. Pour obtenir la marque NF, un industriel ou un importateur doit, d’une part, démontrer la conformité de son produit aux normes de référence, d’autre part, attester qu’il a mis en place un système de contrôle de production garantissant sa qualité constante. Les vérifications de l’organisme certificateur portent, quant à elles, sur les procédures d’autocontrôle du producteur, et non directement sur les produits eux-mêmes. Il est nécessaire de bien connaître les techniques de construction.
Points forts, points faibles
La présence d’une marque NF garantit au produit concerné au moins une qualité suffisante pour l’usage auquel il est destiné.
Exiger dans un contrat avec un entrepreneur la fourniture de produits à la marque NF, lorsqu’elle existe, apporte une certaine garantie de qualité.


Les règles professionnelles
Elles sont élaborées et diffusées par les organismes professionnels concernés pour devenir les modalités d’éxécution des travaux d’une spécialité.
Entérinées par les principaux organismes concernées (Unions professionnelles, bureaux de contrôle, etc.), elles peuvent jouer le même rôle qu’un D.T.U.. Elles sont d’ailleurs souvent transformées en D.T.U. par la suite.


Les D.T.U.
Les documents techniques unifiés sont destinés aux professionnels. Ils définissent les règles de mise en œuvre des matériaux traditionnels de construction pour une éxécution conforme aux règles de l’art. Ces documents très précis et complets, sont établis par le C.S.T.B. (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) qui est un organisme mandaté par l’AFNOR. Pratiquement tous les D.T.U. font référence à des normes, et leur respect devient une obligation contractuelle.
Ils font figure de document de référence dans les litiges de conception, de calcul et de mise en œuvre. leur évolution s’effectue dorénavant à l’échelle européenne et non plus française. La liste des D.T.U. est régulièrement mise à jour et publiéee par le C.S.T.B.. Elle est aussi disponible sur le site internet du centre.

Les avis techniques
Pour les produits et techniques de construction innovants, non traditionnels et ne faisant pas l’objet d’une normalisation, ou n’entrant pas dans un D.T.U., le C.S.T.B. établit des avis techniques, à la demande du fabricant ou de l’importateur. Ils indiquent la capacité du produit à satisfaire les exigences règlementaires et son aptitude à l’emploi. Publié tous les mois par le C.S.T.B., ces avis techniques donnent des renseignements très divers sur la sécurité, la combustibilité, l’isolation thermique et acoustique, sur la mise en œuvre, sans toutefois apporter une quelconque garantie.
Les produits et procédés sont examinés et testés, mais obtenir un avis technique ne correspond pas à un niveau de performances. Pour cela, le fabricant reste libre de valoriser son produit par la marque N.F. ou un certificat de qualification (label).
Associée à l’avis technique, la certification C.S.T.Bat atteste de la conformité du produit à certaines exigences établies par C.S.T.B.. Elle garantit aussi la mise en place d’un contrôle de qualité tout au long de la chaîne de production.

Le marquage CE
A ne pas confondre avec les normes, le marquage “CE” est issu de la directive du 22 juillet 1993.
Apposé sur tous les produits mis sur le marché, il correspond aux exigences de sécurité, de santé, d’environnement et de protection du consommateur fixées par les directives européennes. En fait, il équivaut plutôt à un passeport visant à favoriser la circulation et la com-mercialisation du produit à l’intérieur des pays de l’union européenne, sans en certifier la qualité au sens de la norme NF. Ses critères sont inférieurs à ceux des normes.
C’est pourquoi, pour certaines familles de produits, les normes ou certifications françaises sont maintenues parcequ’elles attestent d’une qualité supérieure ou de l’engagement d’un laboratoire exterieur ou indépendant : normes NF portant sur les ciments et les adjuvants, par exemple ou certification ACERMI pour les isolants thermiques.
Le marquage CE est attribué du niveau 4 au niveau 1+, le plus exigeant :
• Niveau 4 : déclaration du fabricant sur la base de ses propres essais ;
• Niveau 3 : déclaration du fabricant sur la base d’essais types réalisés dans un laboratoire exterieur ;
• Niveau 2 : déclaration du fabricant sur la base d’un audit initial de l’usine et du système de contrôle du fabricant, lequel lui sert de système de qualité ;
• Niveau 2+ : idem au niveau 2 auquel s’ajoute le renouvellement annuel de l’audit “inspection” de l’usine ;
• Niveau 1 : certification par tierce partie sans essai du certificateur ;
• Niveau 1+ : certification par tierce partie avec essai de l’organisme certificateur.
Les normes européennes
Petit à petit, elles se substituent aux normes nationales. Les documents d’harmonisation incluent les divergences techniques nationales.
Elles portent le numéro de référence “EN” et un indice correspondant au numéro de norme française.

Les normes internationales
On les appelle ISO pour International Standard Organisation. Cet organisme regroupe une centaine de comités membres qui sont des instituts nationaux de normalisation. Sous son contrôle sont édictées des normes internationales qui peuvent éventuellement être reprises par la normalisation française.

Gros œuvre
Les murs extérieurs demandent essentiellement le concours du maçon.
Les traditionnels parpaings et les briques creusées sont renouvelés, notamment sous l’impulsion des réglementations thermiques successives qui se penchent sur le chauffage et sur le confort d’été.
Parpaings : du plus simple au plus sophistiqué, c’est le matériau de gros œuvre le plus répandu et le plus économique. Il peut être plein ou creux.
Il nécessite l’ajout d’un enduit extérieur ainsi que d’un doublage intérieur.
Sur la même base, mais plus sophistiqués, certains blocs béton intègrent un isolant thermique et permettent de supprimer les ponts thermiques, consommateurs d’énergie pour le chauffage.
Dans ce cas, la finition intérieure est réduite à une simple plaque de plâtre ou à l’application d’un enduit plâtre traditionnel.

Briques de terre cuite : tradition et modernité réunies.
- Les briques pleines sont proposées avec de nombreux accessoires. Elles sont très utilisées dans certaines régions pour la mise en œuvre de murs porteurs restant apparents.
- Les briques creuses à perforations horizontales sont les produits les plus courants. Elles sont plus légères et plus isolantes que les briques pleines, à épaisseur de mur équivalente.
- Les briques à rupture de joint disposent d’un canal central qui assure un vide d’air isolant.
- Les briques “G” de par leur conception, notamment leur taille et la disposition en quinconce des alvéoles, offrent l’avantage d’allonger le circuit de fuite des calories. Ceci assure une meilleure isolation thermique.
- Le Mono mur que l’on peut considérer comme une évolution de la brique “G” est une brique de forte épaisseur. Elle apporte le meilleur coefficient d’isolation des produits de terre cuite avec un atout sensible au niveau du confort d’été, du fait de l’inertie naturelle du produit.
- Les briques de cloison représentent une part importante du marché de la maison individuelle. Elles se caractérisent par des qualités de solidité, d’incombustibilité et de résistance à l’humidité.
- Les briques pour plafond, les “plafonnettes” bien moins utilisées que dans le passé, sont des produits de faible épaisseur qui nécessitent en finition un enduit plâtre.

Des normes de qualité
Certains produits, conformes aux normes bénéficient d’une marque de qualité visible sur le matériau ou l’emballage :
- NF briques creuses cuites.
- CSTB blocs spéciaux pour maçonneries.
- NF blocs en béton ordinaire, en béton de granulats légers, en béton cellulaire.

L’isolation : Les clés du confort thermique.
L’isolation thermique s’impose pour réduire les frais de chauffage, intérêt personnel, et limiter l’effet de serre, intérêt collectif. Pour les occupants, elle gomme l’effet de “paroi froide” et améliore le confort l’hiver comme l’été.

Quatre familles d’isolants
- Les laines minérales
De verre (jaune) ou de roche (verdâtre), elles se présentent en rouleaux, en panneaux ou en vrac, sous la forme de flocons à déverser manuellement où à souffler mécaniquement sur un support horizontal. Elles prennent place sous les toitures, en plancher de combles, le long des murs (par l’intérieur ou l’extérieur), ou dans les planchers inférieurs. Elles peuvent aussi être utilisées pour des objectifs acoustiques.

- Le PSE
Petites billes blanches de polystyrène expansé, c’est un plastique alvéolaire qui se présente sous la forme de panneaux rigides ou semi-rigides. La version thermique (Th 38) est plus efficace contre le froid de 10 % par rapport à la version de base. Les versions acoustiques renforcées (dB 35 et dB 32) témoignent de qualités réelles contre le bruit et de plus grandes efficacités thermiques. Le PSE s’utilise surtout pour les murs et planchers.

- Les mousses de polyuréthanne ou de polystyrène extrudé
Teintées selon les marques en jaune, bleu, rose, etc. Elles donnent d’excellentes performances thermiques et présentent l’intérêt d’être étanches à l’eau et à la vapeur d’eau. Sous forme de panneaux, on les utilise notamment pour isoler les murs enterrés.

- Les films réfléchissants.
Ils associent des lames d’air emprisonnées par des matériaux synthétiques et au moins deux films réfléchissant les infrarouges. Leur fonctionnement n’est pas parfaitement explicable et les performances annoncées par les fabricants ne sont pas confirmées par les organismes officiels. Leur mise en œuvre est très simple et l’efficacité estivale exemplaire.

Les réactions au feu : les euro-classes

Selon sa nature, un matériau isolant (ou autre) réagit différemment au contact du feu. Ses facilités à s’enflammer et à propager le feu sont maintenant classées au niveau européen, selon les lettres suivantes de comportement au feu :
- A1 et A2 : incombustible
- B : faiblement combustible
- C : combustible
- D : très combustible
- E : très inflammable et propageur de flammes
- F : non classé et non testé.

Un matériau installé dans une pièce habitée et dont le classement est supérieur à A1 ou A2, doit être obligatoirement protégé par un coupe-feu, par exemple, des plaques ou des carreaux de plâtre.
C’est le cas des mousses et des films qui restent très rarement apparents. D'ou l'importance de la bonne maîtrise des techniques de construction.