Un exemple de l'architecture dans l'Ariège
Pamiers, la ville aux trois clochers
La légende veut que lorsque les wisigoths s’installent dans la région au Ve siècle, le roi Théodoric Ier laisse à son fils Frédéric une portion de ce territoire de plaine qui prend le nom de «
domaine de Frédéric» ou «
Frédélas», l’actuel Pamiers.Au Moyen Age, la ville appartient à Roger II comte de Foix qui participe à la première croisade et c’est dans un acte de 1111 qu’apparaît pour la première fois le «
Castrum Apami» le château construit sur la butte du Castella.
Il est nommé ainsi en souvenir d’«Apamée» la ville d’Asie Mineure et donnera le nom de Pamiers à l’ancienne Frédélas.
Boniface VIII crée l’évêché de Pamiers en 1295 et la lutte contre l’hérésie cathare dans la région motive l’installation des ordres monastiques (Dominicains, Franciscains, Carmes et Augustins), la multiplication des couvents et des églises.
A cette époque la cité médiévale s’est agrandie dans la partie nord, la plaine du Camp, autour des couvents des 4 ordres mineurs.
De la partie orientale, plus basse, constituée par une boucle de l’Ariège, deux canaux dérivés de la rivière alimentaient les moulins à Lestang et aux Carmes.Pendant l’épisode douloureux des guerres de religion, Pamiers est ravagée et il faudra plusieurs décennies pour que la cité retrouve sa prospérité.
Sous l’épiscopat de Mgr de Verthamon (1693-1735) d’importants chantiers sont ouverts: églises à rebâtir, palais épiscopal (actuelle mairie) ou présidial (actuel palais de justice).
Jusqu’au XIXe siècle, Pamiers est restée à l’intérieur de la boucle de l’ancien méandre de l’Ariège, où l’on trouve la ville historique dominée par ses clochers.
Aujourd’hui encore grâce à cette architecture dans l'ariège, la ville de Pamiers est associée aux «
trois clochers» de ses principaux monuments religieux: cathédrale Saint-Antonin, clocher des Cordeliers et clocher de Notre Dame du Camp.
Cathédrale Saint-Antonin
Son clocher de style gothique s’inspire directement de celui des Jacobins de Toulouse.
De l’église originelle du XIIe siècle il ne reste plus que le portail roman orné de chapiteaux historiés, la nef ayant été reconstruite après les guerres de religion.
Ce n’est qu’au XVe siècle que les consuls de la ville appuyés par la reine de Navarre, obtiennent du pape le transfert du siège cathédral et des reliques de Saint Antonin. L’orgue placé dans un buffet du XVIIIe siècle (1777), classé monument historique, a été restauré en 1992 par Robert Chauvin et les organistes accompagnés des élèves de l’école de musique toute proche y jouent régulièrement.
Le clocher des Cordeliers
Elevé en 1512, sur la même architecture que celui des Cordeliers de Toulouse, c’est un clocher octogonal à deux étages.
L’église des frères Mineurs (ou Franciscains) existait avant 1374 mais elle fut détruite sous la Réforme et reconstruite au XVIIIe siècle. Ruinée pendant la révolution, il ne reste plus aujourd’hui que le clocher, qui domine le quartier.
Notre Dame du CampAu milieu des rues les plus commerçantes de Pamiers, cette église fut construite à la fin du XIIe siècle hors des murs de la ville, d’où son nom, Notre-dame des Champs.
Au XIVe siècle, sous la pression démographique, on dut agrandir la petite église romane d’origine en élevant une façade crénelée surmontée d’une tour d’observation et de deux tourelles qui lui donnent un caractère défensif très affirmé, presque austère.
A l’intérieur, les tableaux, retables et autres éléments décoratifs des XVI et XVIIIe siècles rappellent qu’elle a été en son temps une des plus importantes du Midi.
L’orgue de l’église Notre-Dame du Camp a été classé monument historique en 1979 et restauré en 2004.
D’après la légende, Sainte Natalène, la sainte patronne de la ville fut ensevelie à cet emplacement.